
Avec 100 % de réussite aux examens d’État, la septième promotion de l’École Amie des Enfants de Matana dénommée « Les Compétents », a célébré, le 24 octobre 2026, une étape importante de son parcours scolaire. Derrière les certificats de fin d’études post-fondamentales et les diplômes d’État remis aux lauréats, se dessinent des histoires de performance, d’accompagnement et de solidarité, notamment en faveur des enfants issus de milieux vulnérables.
Les sourires, les applaudissements et les témoignages empreints d’émotion ont rythmé la cérémonie de remise des certificats et diplômes à l’École Amie des Enfants de Matana. Ce samedi 24 octobre 2026, 90 lauréats de la septième promotion dénommée « Les Compétents » ont célébré l’aboutissement d’une étape importante de leur parcours éducatif. Une réussite collective qui, au-delà des performances scolaires, met en lumière le rôle de l’éducation dans la construction de l’avenir des jeunes au Burundi.
Parmi les lauréats, 47 filles et 43 garçons ont reçu leurs certificats de fin d’études post-fondamentales et leurs diplômes d’État, avec un taux de réussite de 100 % aux examens d’État dans les sections de Mathématique-Physique, Biochimie et Science de la Terre, ainsi que Sciences économiques.
Pour Gilbert Rucintango, Directeur de l’établissement, ces résultats traduisent les efforts conjugués des élèves, des enseignants et de l’ensemble de la communauté éducative. Il souligne également les performances de l’école dans d’autres compétitions et évaluations, notamment le DELF, comme autant d’indicateurs de l’engagement en faveur de la qualité de l’enseignement. Mais à l’Ecole Amie des Enfants de Matana, la réussite ne se résume pas au seul pourcentage.
Une éducation qui dépasse les résultats scolaires.
À l’École Amie des Enfants, l’ambition éducative repose également sur la formation du caractère, le développement du sens de responsabilité et de solidarité. C’est le message central de l’intervention de Madame Spès Nihangaza, Représentante Légale de cette école.
Après avoir remercié le Représentant du Ministre de l’Éducation Nationale et de la Recherche Scientifique, les autorités locales, les parents ainsi que les mentors qui accompagnent les élèves, elle a rappelé la philosophie de l’école : chaque enfant, quelle que soit sa situation sociale ou sa vulnérabilité, possède des capacités et un potentiel susceptibles de contribuer au changement de sa communauté.
Pour illustrer cette vision, elle est revenue sur un voyage d’études au cours duquel les élèves ont rencontré des enfants vivant dans un orphelinat de Gitega. Cette expérience a profondément marqué les membres de la promotion. Selon la Représentante légale, les jeunes ont su faire preuve d’écoute, de compassion et d’attention envers leurs pairs.
Un épisode qui témoigne, à leurs yeux, de l’importance d’une éducation qui associe connaissances scolaires et valeurs humaines.
S’adressant aux nouveaux diplômés, Mme Nihangaza leur a lancé un message de félicitation et d’estime lié aux compétences exceptionnelles et aux valeurs de cette promotion : « Notre école combine l’éducation scolaire et l’éducation aux valeurs humaines positives dont le leadership serviteur et l’empathie ».
Une invitation à considérer le diplôme non comme une simple distinction individuelle, mais comme un engagement envers la société.
Derrière les diplômes, des histoires de résilience
L’émotion est également venue des lauréats. Prenant la parole au nom de ses camarades, Bénie Christa Nsabiyumva a évoqué les années passées au sein de l’établissement, les nuits de révision, les encouragements des enseignants, les moments de joie et les difficultés surmontées ensemble.
Elle a résumé la portée de cette étape en affirmant : « Ce certificat n’est pas une fin, c’est une clé. Une clé que vous nous avez donnée pour ouvrir d’autres portes. »
Cette déclaration traduit les attentes d’une jeunesse qui voit dans l’éducation un moyen d’accéder à de nouvelles possibilités et de construire son avenir.
Un autre témoignage a particulièrement retenu l’attention : celui du représentant des lauréats accompagnés par la FVS-Amie des Enfants. Pour ces bénéficiaires, parvenir à ce niveau de formation n’était pas nécessairement acquis. L’accompagnement reçu a contribué à transformer des perspectives autrefois incertaines en possibilités concrètes.
Son message a dépassé le cadre de la célébration. En dédiant cette réussite aux enfants qui attendent encore une aide pour poursuivre leur scolarité, il a rappelé que de nombreux jeunes ont toujours besoin d’un environnement favorable et d’un accompagnement pour réaliser leurs ambitions. Et de rappeler que l’accès à l’éducation ne dépend pas uniquement des capacités individuelles, mais aussi des opportunités offertes aux enfants et du soutien dont ils peuvent bénéficier.
La fierté des parents face aux résultats obtenus
La satisfaction était également visible du côté des parents. Dr Bede Matituye a exprimé sa joie et sa fierté devant les résultats obtenus par les 90 lauréats. Il a salué les efforts consentis par les éducateurs et les élèves tout au long de leur parcours, estimant que cette réussite récompense un engagement collectif.
Il a adressé ses remerciements aux enseignants pour leur encadrement et leur dévouement, ainsi qu’aux élèves pour leur discipline, leur persévérance et les efforts fournis ; bref, leur compétence. Il les a enfin encouragés à maintenir le même engagement et la même détermination dans les universités, afin de poursuivre les études sur cette lancée et de transformer leurs acquis scolaires en nouvelles réussites.
Les anciens de cet école veulent prolonger la chaîne de solidarité
Prenant la parole, Floride IKIZAKUBUNTU, ancienne lauréate de cette école et représentante légale de l’association Solid-Ecoref des anciens de l’Ecole Amie des Enfants, a souligné que la solidarité ne nécessite pas d’importantes ressources financières. Du temps, des compétences, une idée partagée et un cœur compatissant peuvent déjà contribuer à transformer des vies.Elle a lancé un appel aux anciens lauréats, où qu’ils se trouvent, à rejoindre cette dynamique collective afin de construire ensemble une société plus solidaire.
Cette démarche de retour à la communauté, connue sous l’expression giving back, illustre une conception de la réussite qui ne s’arrête pas à l’accomplissement personnel. Elle encourage les anciens bénéficiaires de l’éducation à devenir, à leur tour, des acteurs de solidarité et de développement.
Un modèle éducatif appelé à inspirer
Présent à la cérémonie, Richard BUTOKE, délégué du Ministre de l’Éducation nationale, a salué le travail réalisé par l’École Amie des Enfants de Matana. Il trouve l’établissement comme un modèle à valoriser dans la province Burunga et dans tout le pays.
Il a également encouragé les lauréats à devenir des ambassadeurs d’intégrité et de responsabilité dans leurs futures activités, tout en rendant hommage aux enseignants et aux partenaires qui contribuent à l’épanouissement de la jeunesse burundaise. La célébration a également pris une dimension culturelle et patriotique avec la prestation du chanteur Léonce NGABO. Son exhibition de la chanson « SAGAMBA BURUNDI » a suscité l’enthousiasme des participants et a renforcé l’esprit d’unité qui caractérisait la rencontre.
Former pour réussir, éduquer pour servir
Pour ces lauréats de cette septième promotion dénommée « Les Compétents », une page se tourne. Les certificats de fin d’études post-fondamentales et les diplômes d’État ouvrent désormais la perspective de nouvelles étapes, qu’il s’agisse de poursuivre les études, de développer des compétences ou de s’engager dans la vie professionnelle.
Mais le message qui ressort de cette célébration dépasse les résultats scolaires : donner à chaque enfant la possibilité d’apprendre, de réussir et de contribuer à la société constitue un investissement essentiel pour l’avenir du Burundi.
Les lauréats de la septième promotion quitte ainsi l’établissement avec des acquis scolaires, mais aussi avec une invitation à faire vivre les valeurs qui ont marqué leur parcours : la solidarité, la compassion, l’intégrité et le service à la communauté.
En conclusion, cette promotion, « Les Compétents », laisse derrière elle bien plus que des résultats scolaires remarquables. Elle témoigne de ce que peuvent produire l’engagement éducatif, l’accompagnement et la solidarité lorsqu’ils se conjuguent pour donner à chaque enfant une chance de réussir. Désormais tournés vers les universités et de nouveaux défis, les 90 lauréats sont appelés à faire vivre les valeurs apprises à l’école et à mettre leurs compétences au service de la société. Car investir dans l’éducation aujourd’hui, c’est préparer les citoyens responsables et les bâtisseurs du Burundi de demain.
Egide NDAYIRAGIJE