La question de la dette publique occupe une place croissante dans les préoccupations économiques au Burundi. Si son influence sur l’économie nationale est discutée, des voix s’élèvent pour pointer des lacunes dans sa gestion et appeler à plus de transparence.

Jusqu’à la fin de 2025, la dette publique intérieure du Burundi s’élevait à 6 295 636,9 millions BIF, et la dette extérieure à 1 913 622,4 millions BIF selon la Banque Centrale. Ce qui inquiète davantage la courbe de la dette est toujours ascendante. L’origine de l’augmentation sans frein de la dette est le déficit budgétaire qui se taille la place chaque année. Au cours de cette année, le budget de l’Etat équivaut à 6 732 177 902 447 BIF dont le déficit s’élève à 384 960 209 226 BIF. Selon le ministre des finances, du Budget et l’Economie Numérique ; Alain Ndikumana, devant les députés pour défendre le budget, exercice 2026-2027, au mois de juin 2026, affirme que le déficit ne doit pas faire peur car le Burundi va s’endetter. Pourtant, la croissance de la dette alimente des suspicions vis-à-vis de la croissance économique qui ne suit pas le même rythme.
Dans ce contexte, certaines organisations citoyennes commencent à hausser le ton et prônent la prise de conscience en matière de la gestion de la dette. Ainsi, l’Initiative Citoyenne pour l’Environnement et le Développement Durable(ICED) appuyée par African Furum and Network on Debt and Development (AFRODAD) mènent régulièrement, depuis 2020, des activités qui visent à éveiller les consciences face à la dette. Lors d’une table ronde de ce vendredi 10 juillet 2026 organisée par l’ICED en partenariat avec l’AFRODAD à laquelle participaient les journalistes qui traitent les informations économiques issus de l’ASBL Réseau des Journalistes Economiques du Burundi (REJEBU), les élus du peuples et les représentants du ministère de l’intérieur et ceux du ministère des finances et du budget ; le rôle des uns et des autres pour asseoir la bonne gestion de la dette a été débattu.
Selon Appolinaire Nishirimbere, Représentant Légal de l’ICED, il est temps de contribuer à la domestication de la Position africaine commune sur la dette dans le contexte spécifique du Burundi. Ainsi, l’ICED intervient comme pionnier afin d’éveiller les consciences des citoyens burundais pour que la Position africaine commune sur la dette ne demeure pas abstrait plutôt se traduise dans des actions concrètes.
Salvator Niyonizigiye