
À l’âge où les rêves prennent forme, où les jeunes imaginent leur avenir familial, académique ou professionnel, une réalité demeure souvent silencieuse au Burundi : le manque d’informations fiables sur la Santé Sexuelle et Reproductive. Dans plusieurs familles, parler de sexualité reste un sujet sensible, parfois même tabou. Pourtant, les conséquences du silence peuvent être lourdes: grossesses précoces, infections sexuellement transmissibles, abandons scolaires, avortements et changement de modes de vie. La santé Sexuelle, parlons-en !
Dans les quartiers urbains comme dans les zones rurales, de nombreux jeunes cherchent des réponses à leurs questions auprès de leurs amis, sur les réseaux sociaux ou à travers des informations non vérifiées. Or, une mauvaise orientation peut conduire à des décisions lourdes de conséquences sur leur avenir.
L’ABUBEF, un des acteurs majeurs dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive au Burundi créée en 1991, œuvre pour améliorer l’accès à l’information et aux services de santé. Cette organisation met une attention particulière aux adolescents et aux jeunes. Elle a pour mission de promouvoir la santé sexuelle et reproductive à travers le plaidoyer et des services intégrés, en mettant un accent particulier sur les jeunes et les populations moins desservies.
Sur le terrain, l’ABUBEF développe des espaces adaptés aux jeunes, des séances de sensibilisation et des activités éducatives permettant aux adolescents de poser librement leurs questions. Elle propose également des conseils personnalisés et une éducation à la santé sexuelle afin de prévenir les grossesses non désirées et d’encourager des comportements responsables.
Pour certains jeunes, ces espaces représentent une occasion de trouver des réponses qu’ils ne trouvent pas ailleurs. « Avant les séances organisées par l’ABUBEF, beaucoup de questions restaient sans réponses. Aujourd’hui, je comprends mieux mon corps, mes droits et l’importance de prendre des décisions responsables pour mon avenir », témoigne Jeanine une jeune fille ayant participé à une formation de sensibilisation.
Selon des données relayées lors d’activités de sensibilisation, 1195 grossesses ont été enregistrées dans les écoles burundaises durant l’année scolaire 2020–2021. Ces chiffres rappellent que la responsabilité des jeunes ne peut être dissociée de l’accès à une information fiable. Au-delà des chiffres, une question demeure : comment permettre aux jeunes de prendre des décisions responsables lorsqu’ils ne disposent pas toujours des outils nécessaires ? Être responsable ne signifie pas seulement éviter les risques. Cela signifie connaître son corps, comprendre ses droits, protéger son avenir et apprendre à faire des choix réfléchis.
Informer un jeune aujourd’hui, c’est bien plus que transmettre un message de prévention : c’est lui donner les moyens de construire son avenir avec responsabilité, confiance et dignité.
Egide NDAYIRAGIJE
REMAPSEN BURUNDI