Les pays en transition politique sur le chemin de retour au sein de l’Union Africaine ?

Le Maroc souligne devant le Conseil de Paix et de sécurité de l’Union africaine, l’impératif d’accompagner les pays en transition politique pour accélérer leur retour au sein de l’institution panafricaine. Des consultations informelles comment.

Lors des consultations informelles avec le Burkina Faso, le Gabon, la Guinée, le Mali, le Niger et le Soudan, convoquées par le Royaume du Maroc qui préside Conseil de Paix et de sécurité de l’Union africaine ( CPS de l’UA) pour le mois de mars, la délégation marocaine a mis l’accent sur l’importance du dialogue et des consultations régulières avec les pays en transition politique. Cet échange constant permettra d’identifier les défis persistants, d’encourager des solutions inclusives et d’appuyer les efforts des autorités nationales en matière de gouvernance, de réconciliation et de développement. « Cette initiative de Maroc garantira une meilleure coordination des initiatives régionales et internationales, afin d’optimiser l’impact des actions entreprises au bénéfice des populations », indique la délégation marocaine. Le Maroc salut les progrès réalisés par les autorités nationales respectives et appelle toutes les parties à privilégier l’intérêt national suprême et le bien-être des populations. “Maintenir un dialogue régulier avec ces pays est essentiel pour comprendre leurs attentes et assurer un accompagnement adapté, en tenant compte de leurs spécificités politiques, économiques et sociales”, a insisté la délégation. Elle a aussi souligné que, fidèle à son engagement panafricain et aux principes fondateurs de l’Union Africaine, le Maroc réitère son attachement indéfectible à l’unité et à la souveraineté des États africains, ainsi qu’aux aspirations légitimes de leurs peuples à la paix, à la stabilité et au développement.

Face aux défis multiples et aux limites des approches purement sécuritaires, le Maroc insiste sur l’importance du Nexus Paix, Sécurité et Développement, tel que recommandé dans la Déclaration de Tanger, adoptée par la Conférence de l’Union Africaine, a affirmé la délégation marocaine. Le Royaume du Maroc précise que cette approche vise à s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité à travers des projets de développement concrets et adaptés aux réalités de chaque pays. Le Maroc demeure fermement attaché au principe de solidarité agissante envers les pays en transition, insistant sur l’impératif qu’ils ne se sentent pas abandonnés en cette période, mais qu’ils bénéficient d’un accompagnement multidimensionnel. Cet accompagnement doit être fondé sur un appui sécuritaire, pour faire face aux défis de stabilité et lutter contre les menaces transnationales, un soutien socio-économique, afin de renforcer la résilience des populations et créer des opportunités, notamment pour la jeunesse et une assistance humanitaire, pour protéger les populations vulnérables et garantir l’accès aux services essentiels, défend le Maroc. La délégation a en outre indiqué que le Maroc réaffirme sa confiance dans la capacité des autorités nationales et des forces vives de ces pays à consolider la cohésion nationale, à surmonter les défis actuels et à s’engager résolument sur une trajectoire durable de paix, de stabilité et de développement inclusif. Le Royaume reste résolument engagé aux côtés des pays en transition politique et continuera à soutenir leurs efforts pour consolider la paix et le développement, assure la délégation. « Nous sommes convaincus que, grâce à une approche collective, inclusive et solidaire, nous pourrons accompagner ces pays frères vers un avenir meilleur, marqué par la stabilité, la prospérité et leur pleine réintégration au sein de notre Union africaine », martèle la délégation, réaffirmant l’engagement du Maroc à soutenir ces pays frères et à œuvrer, pour une Afrique unie, stable et prospère.

Ces échanges s’inscrivent pleinement dans le cadre du mandat du CPS, tel que défini par son Protocole, en particulier son Article 8 aliéna 11, qui prévoit la tenue de consultations informelles avec les parties concernées par une situation qu’il examine, chaque fois que cela est requis. En mettant en œuvre cette disposition clé du Protocole, “notre réunion vise à renforcer le dialogue avec les États en transition politique, à les écouter et à explorer ensemble les meilleures voies pour favoriser la stabilité, la paix et leur retour à l’ordre constitutionnel, ouvrant ainsi la voie à leur pleine réintégration de notre organisation continentale”, a affirmé le diplomate marocain. Ce cadre informel “nous offre, donc, l’opportunité d’aborder, en toute franchise et dans un esprit constructif, les défis et les attentes de ces pays frères, en tenant compte des réalités qui sont les leurs, leurs spécificités nationales et des dynamiques régionales dans lesquelles elles évoluent”, a mis en avant l’Ambassadeur. Cette réunion se veut donc une étape essentielle pour renforcer le dialogue entre les pays en transition politique et les institutions de l’UA et identifier des pistes de convergence et renforcer la coopération interafricaine pour une paix et une stabilité durables, a ajouté M. Arrouchi. “Notre action collective envers nos frères en transition doit être guidée par une approche multidimensionnelle, ancrée dans la coopération et la solidarité, afin d’identifier des solutions durables et adaptées aux contextes spécifiques de chaque pays”, a souligné l’Ambassadeur, notant que “cette réunion marque une avancée significative vers des solutions concertées et durables au service de la paix, de la stabilité et du progrès en Afrique”.